Pourquoi parler de réemploi?
Le bâtiment qui accueille l’Escale circulaire est un immeuble en occupation transitoire. Comme plusieurs bâtiments temporaires, il sera éventuellement démoli ou transformé dans les prochaines années.
Dans ce contexte, il nous semblait essentiel de nous poser une question simple :
Que peut-on faire des matériaux et des objets présents dans le bâtiment avant sa démolition?
Plutôt que de considérer ces éléments comme des déchets, la démarche de réemploi vise à identifier ce qui peut être récupéré, réutilisé ou transformé ailleurs.
Cette approche permet de :
- réduire les déchets de construction
- valoriser des matériaux encore fonctionnels
- documenter le potentiel de réutilisation dans les bâtiments en fin de vie
- inspirer de nouvelles pratiques dans l’industrie du bâtiment
À l’Escale circulaire, cette démarche s’inscrit directement dans notre volonté d’expérimenter des pratiques liées à l’économie circulaire.
C’est quoi le réemploi?
Le réemploi consiste à réutiliser un objet ou un matériau pour un usage similaire ou différent, sans transformation majeure.

- du mobilier réutilisé dans un autre aménagement
- des briques récupérées pour un nouveau projet
- des fenêtres réinstallées dans un autre bâtiment
- des luminaires remis en circulation
- des radiateurs ou équipements techniques réutilisés
- etc.
Contrairement au recyclage, le réemploi préserve la matière et l’énergie déjà investies dans la fabrication des objets.
Le réemploi est aujourd’hui reconnu comme une stratégie importante pour réduire l’empreinte environnementale du secteur de la construction, qui génère une part importante des déchets urbains.
La collaboration avec SURCY
La démarche de réemploi menée à l’Escale circulaire a été réalisée en collaboration avec SURCY, un organisme spécialisé dans le réemploi des matériaux de construction.
SURCY accompagne les projets immobiliers dans :
- l’identification des matériaux ayant un potentiel de réemploi
- la documentation des ressources disponibles dans un bâtiment
- la création de filières de réutilisation
- la mise en relation avec des acteurs du réemploi
Grâce à cette collaboration, nous avons pu structurer une démarche concrète autour du bâtiment de l’Escale.
Les démarches réalisées à l’Escale circulaire
Inventaire du bâtiment
Une première étape a consisté à documenter les ressources présentes dans le bâtiment.Un inventaire de l’existant a été réalisé en 2023 par des étudiants de l’UQÀM afin d’identifier :
- les matériaux
- les équipements
- les éléments architecturaux
- les objets et mobiliers
Cet inventaire constitue une base importante pour comprendre le potentiel réel d’un bâtiment en fin de vie.
Analyse du potentiel de réemploi
Cet inventaire a ensuite été mis à jour avec l’aide de SURCY en 2025, afin d’identifier plus précisément les objets et matériaux ayant un potentiel de réutilisation.
Cette analyse a permis de cibler plusieurs éléments du bâtiment pouvant être valorisés, menant à deux livrables — un en phase transitoire et un en phase chantier.

Filières de réemploi pour la phase chantier

Un livrable a été produit par Entremise et SURCY à destination des futurs promoteur·rice·s du site. Ce document met de l’avant trois filières de réemploi possibles lors d’un futur chantier :
- les briques
- les fenêtres
- les radiateurs
L’objectif est de démontrer que certains matériaux du bâtiment pourraient être récupérés et remis en circulation plutôt que jetés lors de la phase chantier de démolition.
Réemploi en phase transitoire
Dans le cadre de la démarche menée à l’Escale circulaire, un document a été développé par Entremise et SURCY afin de soutenir une démarche de réemploi lors d’occupation transitoire dans les bâtiments municipaux.
Ce livrable, toujours en construction, s’adresse notamment aux :
- porteur·se·s de projets
- gestionnaires d’occupation transitoire
- représentant·e·s municipaux
qui souhaitent intégrer des pratiques de réemploi dans la gestion de bâtiments municipaux en fin de vie ou en transformation.
Le document propose une démarche pratique adaptée au contexte particulier de l’occupation transitoire, où un bâtiment est encore utilisé avant sa transformation ou sa démolition.
Dans ce type de contexte, chaque période d’occupation représente une opportunité d’expérimentation.
L’Escale circulaire en est un exemple concret. Ancienne gare d’autocars, ce site accueille depuis plusieurs années des initiatives sociales et circulaires. Intégrer le réemploi dans la gestion des biens et des matériaux s’inscrit donc naturellement dans la mission du projet : tester et documenter de nouvelles pratiques durables en milieu urbain.
En abordant le réemploi dès la phase transitoire :
- les chances que les matériaux trouvent preneur·se sont augmentées
- les pertes liées aux contraintes légales et temporelles sont réduites
- et le terrain est préparé pour un chantier circulaire mieux coordonné lors de la transformation du site.
Activités & sensibilisation
Conférence sur le réemploi des matériaux

Dans le cadre de cette démarche, l’Escale circulaire a organisé une conférence publique en octobre 2025 sur le réemploi des matériaux dans les bâtiments en fin de vie.
La discussion réunissait :
- Sébastien Beauregard et Melania Grozdanovska (SURCY)
- Natacha Beauchesne (Ville de Montréal)
- Maxine Lefebvre (Entremise)
Cette conférence visait à :
- sensibiliser le public
- présenter des initiatives existantes
- réfléchir au futur du réemploi dans le secteur du bâtiment.
Exemple de surcyclage
Dans le cadre des explorations autour du réemploi, un scénario d’usage pour une lampe surcyclée a également été développé.
Ce type d’initiative permet d’explorer comment certains objets du bâtiment peuvent être :
- transformés
- détournés
- ou intégrés dans de nouveaux usages.

Une démarche en évolution
La démarche de réemploi à l’Escale circulaire demeure un projet pilote.
Elle permet de tester des méthodes qui pourront éventuellement être appliquées dans d’autres projets d’occupation transitoire ou de transformation de bâtiments.Même si certaines étapes sont encore en cours ou en pause, cette initiative démontre qu’il est possible de penser autrement la fin de vie d’un bâtiment.
